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 [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða

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Sivir
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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Mar 29 Mar - 12:29

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Il est vrai que dans une telle obscurité, on ne pouvait pas dire qu'il était facile de voir s'il avait totalement retrouvé l'usage de ses yeux. J'étais épuisée, lessivée, autant physiquement que moralement. L'impression d'être une poupée de chiffon que n'importe qui pourrait balloter au gré du vent sans souci. Si Sigmund avait été de ceux à profiter de la situation, j'aurais surement été en mauvaise posture à l'heure actuelle, mais au lieu de ça, il m'aida à me redresser doucement, il devait sentir ma main moite et mes jambes tremblantes.

Je pensais que le gouffre était à l'origine de mes progrès, j'ignorais à quel point il pouvait voir cette idée comme une menace, je n'étais pas vraiment apte à deviner les pensées des gens rien qu'à les regarder, mais le conseil qu'il semblait me donner en disait tout de même long sur ce qu'il devait penser.

«Hum... tu vois encore le gouffre comme une menace.» je soupirais en ramenant mes coudes sur mes genoux de manière à plonger ma tête dans mes mains, je n'en pouvais plus, je n'avais pas vraiment la force de chercher à le convaincre, d'autant que je savais bien que peu de gens me croyaient lorsque je mentionnais le gouffre comme une entité à part entière. Malgré tout, je réfléchissais à ce qu'il disait, peut être que oui, peut être que j'ai réussi à m'améliorer grace à mon propre cosmos, mais... je me redressais en me tournant vers lui, essuyant la sueur qui coulait dans mon cou du plat de la main

«Tu as peut être raison... mais... est-ce que tu as eu un maître, toi? Fritz m'a enseigné deux trois choses sur le cosmos pendant les premières semaines de ma captivité, et ensuite, j'ai toujours du m'entraîner seule. Est-ce que tu sais ce que l'on ressent quand on passe des semaines, des mois sans faire le moindre progrès?» une larme commençait à perler au coin de mes yeux, et je détournais le regard pour fixer un point devant moi «puis j'ai décidé de descendre dans le gouffre. Cette présence qui m'a repoussée d'abord, c'était le premier cosmos que je ressentais depuis des semaines! Fritz n'était pas venu me voir pendant un long moment en jurant que c'était lui qui m'empêchait d'évoluer... ce gouffre, l'entité qu'il y a là dedans, a senti ma détresse, et c'est lorsque je l'ai sentie pour la première fois que j'ai pu évoluer et trouver comment m'entraîner pour développer mon cosmos...»

Je soupirais, l'angoisse me prenait à la gorge, j'avais presque mal d'en parler
«Alors oui, cette force est peut être le fruit de mon imagination, c'est peut être un simple phénomène météorologique ou je ne sais quoi... mais c'est la seule chose qui m'a permis de tenir seule sur cette île, et la seule qui me pousse à aller toujours de l'avant pour m'améliorer.» car il ne faut pas croire, Fritz me laisse de la nourriture pour que je passe le plus clair de mon temps dans la grotte. Je ne rentre que rarement au campement, uniquement si un des membres de l'équipage vient me chercher pour me dire de venir... et c'est rare. Fritz veut que je me consacre exclusivement à mon entraînement pour pouvoir descendre dans le gouffre, rien de plus.

C'est alors que Sigmund proposa carrément de m'emmener loin d'ici. Je serrais les dents, même si sa proposition était alléchante, rencontrer un dieu, fuir cette solitude, j'ignorais pourquoi, mais je ne voulais pas abandonner le gouffre.

«Je ne peux pas m'enfuir. Tout ça, ces épreuves, ma solitude, c'est le gouffre qui me les impose! Je.. je sais que je peux le faire! Même si cette armure n'est pas pour moi, je veux au moins réussir à en atteindre le fond! Je peux tout aussi bien dire ensuite qu'il n'y a rien en bas et m'en aller ensuite, mais je veux au moins atteindre le fond.»

Je me tournais vers lui avant d'essuyer la larme qui finit par couler le long de ma joue
«Je suis... désolée.. je sais que c'est stupide, mais ce gouffre est le seul à m'avoir recueillie depuis que je suis ici... je ne veux pas abandonner maintenant, pas après tout ce que j'ai fait pour gagner sa confiance!» je sentais que j'étais à bout, la fatigue et les émotions me mettaient à bout de nerf et je finissais par éclater en sanglot, je me relevais pour m'éloigner de lui, courant pour me mettre hors de portée. Il n'aurait surement pas de mal à me suivre avec mon cosmos, j'allais seulement vers le bord de la falaise qui entourait l'île, observant la vue de l'océan devant moi, les vagues se fracassant sur les récifs en bas. Le campement n'était pas du tout de ce côté, le vent se mit à souffler et j'avais froid. La sueur séchée me donnait des frissons, aussi je devais légèrement intensifier mon cosmos pour m'en protéger... les rafales tourbillonnèrent un peu autour de moi comme si elles m'évitaient désormais, je sentais que j'avais également une légère affinité avec le vent. Bref... je me retrouvais de nouveau seule, et pourtant, une part de moi avait envie de retourner là bas pour le retrouver. Mais l'autre était trop fière pour qu'il me voit pleurer.

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Sigmund
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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Jeu 31 Mar - 12:41

Les craintes de Sigmund se concrétisèrent. Il ne pouvait décidément rien cacher, et il n'avait pû éviter le sujet qu'il voulait écarter de la conversation. Sivir se repliait à nouveau sur ce qu'elle considérait comme son soutient inconditionnel : le gouffre. Elle en avait les larmes aux yeux, alors qu'elle libérait d'un coup devant l'asgardien consterné toutes les peines qu'elle avait sur le coeur. Non, il ne savait pas ce que c'était que de rencontrer l'échec pendant des semaines sans être entouré d'amis et de maîtres bienveillants pour l'encaisser. Du moins pas au point d'avoir l'idée de descendre dans les ténèbres d'un puits maudit et de s'en faire un ami.

Le refus de l'apprentie s'était profilé à l'horizon depuis quelques instants, mais lorsqu'elle le prononça à haute voix, Sigmund ne put s'empêcher de secouer la tête avec abattement. Voir Sivir aussi malheureuse et incapable de sortir de son piège était à rendre malade. En un tel moment, il aurait aimé avoir le talent des beaux parleurs, de savoir donner de l'espoir fut-ce au prix de mensonges, de savoir inspirer une véritable crainte contre des menaces trop bien camoufflées. En désespoir de cause il tenta d'attraper Sivir par l'épaule pour l'obliger à le regarder dans les yeux tandis qu'il lui lançait :

" Cette chose t'utilise ! Elle a profité de ta solitude pour t'attirer vers elle ! Elle te faire croire que tu n'es rien sans elle, mais c'est faux  ! "

Ces paroles n'avaient réussi qu'à éloigner davantage celle qu'il voulait emporter avec lui loin de cette île. Il la regarda s'enfuir avant de renverser la tête en arrière en se demandant ce qu'il allait faire maintenant. N'avait-il pas suffisament tourmenté cette jeune femme qui était déjà bien courageuse de supporter la situation dans laquelle elle était ? Qui était-il pour décréter ce qu'elle devait faire ou croire ? Le plus sage aurait certainement été de retourner voir Fritz et d'attendre que le matin arrive pour lui parler à nouveau. Mais il sut qu'il n'oserait pas.

Pris d'une impulsion soudaine, l'asgardien se leva et avança d'un pas déterminé, presque menaçant vers la silhouette de Sivir. Elle était environnée d'une tempête qui se levait, comme pour se protéger des intrus. Mais il en fallait plus pour repousser Sigmund : le vent pouvait glacer jusqu'au sang, le vent pouvait entraîner la chute, mais il ne le craignait pas et avançait en ignorant le hurlement de la tempête à ses oreilles, la froidure des embruns sur ses bras. Clairement, Sigmund n'en avait pas fini et Sivir ne pourrait pas le fuir si facilement.

Lorsqu'il la captura dans ses bras, il s’aperçut qu'elle avait les yeux rouges, mais cette fois-ci les larmes ne l'effrayaient plus. Elles n'avaient pas d'importance : ce n'était qu'un peu de fatigue, rien qui soit insurmontable à un adepte du cosmos. Les mains de l'asgardien étaient plaquées sur le dos du corset de cuir de la jeune fille comme un étau : se fut-elle transformée en sylphe, Sivir n'aurait pû lui échapper. Il contempla son visage pendant un moment, le regard intense et chargé de colère avant de prononcer ces mots qu'il ne pouvait plus garder pour lui.

" Ce n'est pas ce chien de Fritz que je souhaite avoir à mes côtés quand la guerre va commencer. C'est toi que je veux ! "

Maintenant et tout de suite, compléta t-il mentalement. Et maudite soit cette Terre, ce théâtre incessant de guerres entre les dieux et les hommes. Il réalisa alors à quel point ses motifs étaient finalement égoïstes. Car en cet instant il n'avait d'autre désir que de vivre pour lui-même, et pour ce beau visage, ces yeux précieux comme des cristaux vivants. Si seulement il pouvait emporter Sivir dans un endroit à l'abri du regard des dieux. Ce qu'il voulait avec tant de force était impossible. Il fallait compter avec le monde entier. Il n'était pas bon d'aimer un autre initié du cosmos, et il n'avait pas le droit de seulement risquer de briser les rêves de l'apprentie.

Il regarda la bouche rosée de Sivir, freiné dans son élan par ces scrupules qui le retenaient comme des liens invisibles, et il finit par y poser lentement ses lèvres palpitantes. L'étreinte de ses bras se desserra petit à petit pour ne devenir qu'une caresse. Tout ce qu'il voulait c'était qu'elle comprenne ce qu'il ressentait. Elle pouvait le repousser maintenant : il avait à présent l'assurance qu'il ne regretterait pas d'avoir tu le mouvement de son coeur.

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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Jeu 31 Mar - 14:54

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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ces paroles raisonnaient dans ma tête comme un poison. Il ne pouvait pas comprendre ce que je ressentais, ma solitude, ma détresse. Même si ce gouffre était mauvais, même s'il profitait de moi pour me faire faire ce qu'il voulait, c'est toujours mieux que ce que je n'avais jamais eu jusqu'à présent.

J'avais préféré fuir, comme une lâche. C'était surement mieux ainsi. Je suis trop faible encore, je ne peux pas encore prendre mon envol, je ne peux pas prendre mes propres décisions. Toute ma vie, on me disait ce que je devais faire: soit sage, soit une grande fille, studieuse, bien éduquée, élégante, raffinée... j'ai fait tout ce que mon père attendait de moi et pourtant, il ne m'a jamais porté le moindre regard. Je suis venue ici, Fritz m'a lancé un défi, celui de comprendre et dominer le gouffre. Au début, je n'avais pas compris ce qu'il fallait faire, le gouffre m'effrayait et je m'entraînais seule, loin de lui. Jusqu'à ce que je sombre et que je décide de me laisser aller sans le combattre. C'était la solution, ne pas lutter, se laisser totalement abandonner en lui.

Même s'il me manipulait, même s'il se servait de moi, ça m'était égal.. j'avais besoin de temps. Besoin de me renforcer, besoin de prendre mes marques, mes repères, me forger ma propre opinion... je devais grandir, évoluer, m'épanouir, et ça, je ne pouvais le faire que par moi-même...
Les mains sur mes épaules, je me sentais entourée d'un courant assez violent, je ne savais pas si je le créais moi-même ou si c'était le climat qui était ainsi, je m'en foutais en fait... je sentais le cosmos de Sigmund revenir, mon cœur s'emballa un peu et je fermais les yeux, ne sachant pas s'il allait me frapper d'avoir osé lui manquer de respect, s'il allait encore chercher à me convaincre de renoncer à tout ça, s'il allait encore me dire de fuir le gouffre qui était mon seul allié à cet instant...

Je sursautais lorsqu'il passa ses bras autour de moi, ouvrant les yeux, il me faisait face et son regard était sombre, grave, je sentais que je le décevais. C'était une sensation probablement pire que tout ce que j'avais ressenti jusque là... la déception de Fritz quand je ne faisais pas assez de progrès, ce n'était rien par rapport à ce que j'avais l'impression que Sigmund semblait exprimer à cet instant.
Mais ses paroles ne semblaient pas avoir le même sens que ses yeux, je devais avoir l'air idiote sur le coup lorsqu'il expliqua qu'il voulait vraiment que je rejoigne le camps de Loki, les mots ne voulaient pas sortir de ma bouche, j'étais comme figée, abasourdie par ce qu'il pouvait penser de moi...

J'étais loin d'avoir encore tout vu, car voyant que je ne réagissais pas, il s'approcha de moi pour souder ses lèvres aux siennes. J'eus un mouvement de recul sur le coup, la peur qu'il me force, mais il m'avait relâchée, je sentais que je pouvais me soustraire à lui si je le voulais... je reculais doucement, bien que nos visages demeuraient très proches

«Fitz va te tuer s'il apprend ça...» je ne savais pas quoi faire. Je n'avais jamais été proche d'aucun homme, le sang m'était monté aux joues, mon cœur battait vite dans ma poitrine, je ressentais des picotements au bout de mes doigts et ça parcourait mon corps jusque dans mes orteils, une drôle de chaleur au niveau de mon ventre aussi qui se mêlait à l'angoisse de l'interdit. Fritz avait été clair, je devais rester pure. Je ne savais pas pourquoi...

Je ramenais mes mains au niveau du col de Sigmund, je tremblais, la peur se mêlait à la curiosité, l'envie à la culpabilité, l'envie de braver cet interdit, l'envie de connaître, d'oublier un peu ma solitude et ma condition d'esclave... je fermais les yeux et je me dressais sur la pointe des pieds pour l'embrasser à mon tour. Je me sentais gauche, maladroite, j'avais peur de décevoir, je ne savais pas si je faisais ça pour prouver quelque chose ou parce que je voulais, pour une fois, totalement me laisser aller. Ne plus penser au gouffre, à l'île, à mon père, à Fritz... Et puis, il fallait le reconnaître, Sigmund est vraiment... vraiment beau. Au début, je n'ai pas voulu le remarquer car je suis habituée à devoir repousser les hommes, mais là, je me sentais vraiment comme une proie devant un loup féroce, et pourtant j'avais envie d'être dévorée...

Je soupirais doucement, tout en continuant de l'embrasser, me pressant davantage contre lui. Je ne savais pas ce que je faisais, je ne savais pas ce que j'allais faire... il avait surement bien plus d'expérience que moi dans ce domaine, il devait se douter que personne avant lui ne m'avait touchée, ni même embrassée... c'était troublant comme sensation, et en même temps, je n'avais pas envie que ça s'arrête. Mais j'avais besoin de reprendre mon souffle, je relâchais prise pour poser mon front contre le sien

«Pourquoi moi? Je suis faible...» peut être que c'était justement ça. J'étais une proie facile finalement. Mais là, je me sentais prête à braver la colère de Fritz, et de ce que j'avais pu voir, Sigmund était surement apte à lui mettre une raclée et n'aurait pas à souffrir de ce qu'il se passait maintenant... mais j'avais peur quand même. Il n'était pas destiné à rester éternellement là, mais il voulait que je parte avec lui. Je crois que je n'ai jamais été aussi perdue qu'à cet instant.
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Sigmund
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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Sam 2 Avr - 13:40

" Si Fritz m'attaque, je le tue et je t'enlève. "

Le ton de Sigmund n'avait pas la gravité d'une menace sérieuse. Il savait parfaitement que cette envie meurtrière n'était qu'une sottise. Il avait besoin de Fritz pour le contrôle de cette île, et Fritz avait besoin de lui pour rester en contact avec le réseau des partisans de Loki. Si le pirate trouvait à redire, il irait sans doute se plaindre au dieu ou à son représentant des dérives de son serviteur. Ni l'un ni l'autre n'avait intérêt à régler une telle histoire dans le sang. Cependant, à l'air que prenait Sivir quand elle parlait du maître des lieux, la solution d'une discussion semblait exclue. Il restait sans doute plus simple que le navigateur ne sache rien et de trouver une autre issue.

Toutes ces considérations éprouvaient beaucoup Sivir qui s'accrocha à l'asgardien en chancelant. Sigmund la soutint et lut dans son expression égarée combien cette conversation l'angoissait. Son expression s'adoucit. Quelque chose changeait entre eux : maintenant leurs visages étaient attirés l'un vers l'autre. Avec un tressaillement, Sigmund sentit une bouche trop empressée et un souffle désordonné monter à l'assaut de ses lèvres. Il inclina patiemment le visage pour la laisser éteindre ses angoisses, tandis que ses doigts s'insinuaient paisiblement dans la jungle noire de sa nuque. Puis il chercha à lui montrer que l'on pouvait exprimer d'autres choses que la voracité par quelques baisers plus joueurs, l'invitant par quelques pauses à l'imiter.

Les veuves et les orphelines avaient parfois de curieuses façons de récompenser leurs défenseurs. Sigmund avait autrefois accepté ces élans de gratitude quelque peu intéressés, davantage par curiosité que par goût. Cela ne restait que des aventures, car il y avait toujours eu face à lui ce mur d'incompréhension devant l'existence qu'il menait et l'impossibilité pour elles de voir un avenir dans une telle relation. Pourtant il leur était redevable d'avoir appris ce qu'il savait. Et maintenant c'était à son tour de donner et d'espérer, sans aucune certitude qu'il agissait pour un bien ou un mal. Elle s'arrêta pour lui demander la raison de tout cela.

" Faible ? Je suis prêt à jurer que j'ai vu une fille munie d'une volonté à déplacer des montagnes. Elle doit se cacher pour se faire désirer ... "

Un sourire releva le coin de sa bouche d'un air provocateur. L'asgardien chercha dans le regard de la jeune combattante une étincelle qui pourrait confirmer ses dires, puis la resserra étroitement contre son corps et reprit ses lèvres avec chaleur. Alors même que ses mains louvoyaient de manière moins innocente sur la lisière doublée de fourrure de la courte robe de l'apprentie, Sigmund savait qu'il finirait par rencontrer une limite qu'il ne pourrait pas moralement franchir. Il prit une inspiration et s'interrompit, la serra dans ses bras au niveau des épaules.

" Je ne peux pas te demander de prendre une décision comme ça. "

Il avait été doux de rêver éveillé, mais la réalité ne pouvait être ignorée plus longuement. Les bourrasques de vent autour d'eux étaient glaciales. Tout en enveloppant Sivir entre ses bras, Sigmund regardait fixement au-dessus de l'épaule de la jeune fille avec un air soucieux. La séduire n'était pas non plus une solution : quoiqu'il arrive, elle finirait par lui en vouloir tout de même. Que faire : tenter de lui prouver qu'elle devait quitter cet endroit avant de la faire monter clandestinement sur le bateau de Fritz ? Ou bien retourner sur le continent pour dénoncer le pirate, lui trouver un remplaçant, ou le forcer à accepter de renoncer à sa disciple une fois qu'ayant pris conseil auprès de Loki on saurait à quoi s'en tenir ?

Quoiqu'il en soit, Sigmund ne pouvait se résigner à faire prendre à Sivir des risques qu'elle n'aurait pas choisis, même si cela impliquait la possibilité que le gouffre puisse changer qui elle était. A cette pensée, Sigmund l'enserra un peu plus fort contre lui comme pour retenir prisonnier cet être qui ne pouvait que fatalement lui échapper à travers le temps et l'espace. Il aurait pû tenir des discours pendant des heures pour s'expliquer, mais il y renonça pour résumer platement en caressant la joue si joliment incurvée de Sivir :

" Tu es tellement belle ... "

Il posa brièvement un dernier baiser sur le visage de la jeune fille comme un point, à la ligne, puis prit sa main pour l'engager à reprendre le chemin du camp. Ils ne pouvaient éviter ce retour trop longtemps.
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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Dim 3 Avr - 10:09

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Quelle drôle de sensation que celle qui m'envahissait à cet instant. J'avais envie de m'abandonner totalement, de baisser les armes et de renoncer à toutes les règles qu'on m'avait imposées jusqu'alors, suivant les gestes de Sigmund, calmant mes pulsions tout en lui rendant ses baisers qui me faisaient légèrement brûler de l'intérieur. Ses mains étaient douces et suivaient mon corps, m'appelant à des émotions que je n'avais encore jamais ressenties... jusqu'à ce qu'il arrête tout.

Je me figeais alors pendant qu'il se calmait peu à peu, cessant ses caresses et se faisant plus distant. Il semblait comprendre que je ne pouvais partir pour le moment, j'avais du mal à croire qu'il était revenu sur ce sujet alors qu'on était partis sur autre chose... je devais pâlir peu à peu, n'arrivant pas à croire qu'il était en train de... fuir? Mon cœur s'accéléra, une sensation de frustration m'envahissait, encore un autre qui m'abandonnait après m'avoir fait miroiter monts et merveilles. Un dernier baiser et il s'apprêtait à partir, mais je l'obligeais à me lâcher, restant là, la tête baisser et serrant les poings d'une rage sourde qui bourdonnait dans mes oreilles.


«Je ne partirai pas. Pas tant que je n'aurai pas vaincu le gouffre.» je levais alors les yeux vers lui, mon regard n'avait plus rien de celui de la jeune vierge apeurée, il pouvait y lire cette rage et cette détermination provoquées par la frustration de sa lâcheté «je vais devenir plus forte pour être celle qui pourra lutter à tes côtés. Tu penses que le gouffre se sert de moi? Qui te dit que ce n'est pas moi qui me sers de lui?» des larmes perlaient légèrement au coin de mes yeux et je les essuyais rapidement du poing avant de le regarder à nouveau «quand je déciderai que je serai prête, je viendrai te trouver. Et tu auras intérêt à tenir tes promesses. Me conduire auprès de Loki et voir si je suis vraiment digne de le servir à tes côtés.»

Je lui tournais alors le dos, les larmes coulèrent le long de mes joues, la déception était grande. Un homme m'avait encore une fois abandonnée. Décidément, il n'y avait vraiment rien à attendre d'eux. Je devais fermer totalement mon cœur, ne plus attendre cet espoir qui vous réduit à néant dès qu'on vous l'aspire comme un poison dans une plaie.
«Retourne seul au campement. Il n'est plus très loin. Moi je retourne à mon entraînement.» je me baissais légèrement pour prendre mes appuis, et sans me retourner, ne voulant pas qu'il voit mes dernières larmes «au revoir, Sigmund. Tu as intérêt à m'attendre.» un courant d'air m'entoura et sembla me pousser vers l'avant, je m'engouffrais dans les rochers pour disparaître, retournant dans la grotte d'aigue-marine pour poursuivre mon entraînement.

Désormais, je ne laisserai plus jamais un homme voir mes faiblesses, jamais. Cette rencontre avait surement changé bien des choses dans ma façon d'être.
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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Dim 3 Avr - 22:18

Figé de stupeur, Sigmund ne pouvait qu'écouter les paroles emplies de colère de cette jeune femme qui était si émouvante de fragilité à peine quelques secondes plus tôt. L'asgardien avait l'impression d'avoir devant lui le fauve farouche qui l'avait accueilli comme un indésirable au sortir de son entraînement. Au lieu de l'apaiser, il n'avait fait que la mettre en colère et la convaincre exactement du contraire de ce qu'il aurait voulu. Il avait de la peine à la croire lorsqu'elle disait qu'elle avait la situation plus en main qu'il ne l'imaginait, et pourtant elle parlait avec une assurance particulière, non celle des fous, mais de ceux qui savent très bien quelles difficultés ils auront à affronter et qui réussiront ou échoueront en connaissance de cause. Il murmura d'un ton peiné.

" Il y aura un prix à payer, tu le sais aussi bien que moi. "

Malheureusement, Sivir était fermée à toute conversation, et Sigmund trop ébranlé par sa débâcle pour tenter de l'arrêter alors qu'elle repartait pour sa caverne d'entraînement. Le guerrier se retrouva bientôt seul et accablé de regrets au milieu de la lande désolée. Comme pour ignorer ce spectacle qui ajoutait encore à son dépit, il ferma les yeux et tenta de trouver le moment où il avait fait le faux pas qui avait tout compromis. Sans doute aurait-il dû rester ferme sur ses principes dès le début.

" Je t'attendrais alors. Fais attention à toi. "

Ses mots furent emportés par le vent. La leçon était difficile à avaler, mais il fallait continuer à aller de l'avant. Sigmund poursuivit alors le sentier, en solitaire cette fois-ci. Lorsqu'il retrouva Fritz au camp, le partisan du dieu des illusions n'était pas d'humeur à converser. Il prétexta qu'il n'avait appris que peu de choses nouvelles sur le gouffre et le pirate finit par le laisser se diriger vers une barraque où l'asgardien devait trouver un sommeil hanté de songes fébriles et de rêves glaçants, et il se réveilla plusieurs fois, tentant à chaque fois de sentir si le cosmos de Sivir était perceptible sur l'île.

Le séjour de Simgund ne dura pas longtemps. Lorsqu'il fit l'exploration du lieu où Sivir s'entraînait, il était avec Fritz. L'apprentie n'était visible nulle part, et Sigmund se demanda si elle cherchait à l'éviter ou si cette absence était dûe à un dessein du pirate. Il retourna sur le continent avec peu de nouvelles pour Loki et une faveur vis-à-vis de cette jeune fille qui l'avait marquée. Le dieu semblait néanmoins satisfait, même s'il ne lui révéla pas la raison de son contentement. La divinité éluda ses questions sur les chances de Sivir de s'en sortir, mais lui assura que s'il avait vu juste, elle les rejoindrait certainement.

Le quotidien de la guérilla devait reprendre avec ses continuelles luttes acharnées. Cependant Sigmund ne devait pas oublier la jeune fille de l'île de Dauða. Il avait remarqué que sa vision n'avait pas été totalement guérie depuis l'aventure du gouffre, comme une vitre fendillée par un infime impact, une écharde de cosmos de l'être du gouffre toujours fichée dans l'oeil. Il ne chercha pas à le repousser et finit par s'en accommoder.

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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   Sam 9 Avr - 0:15

Mais qu'ils sont mignon! Ahah! J'attends la suite avec impatience! Beaucoup de plaisir à vous lire, ça va coûter cher à l'administration ça What a Face
25 xp Sigmund
25 xp Sivir
Rp exceptionnel, contribution exceptionnel comme j'aime dire Razz
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Bonne nuit les petits'.
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MessageSujet: Re: [FB 1988, Sivir, Sigmund] L'île de Dauða   

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